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Séminaire Pédagogique au CHILI - Avril 2018

 

 

Entre le lundi 9 et le vendredi 13 avril 2018, trois formatrices de  l’IRTS Paris Parmentier ont été accueillies par l'équipe de formation de l'École de Travail Social de l'Université Catholique Silva Henríquez (UCSH). À cette occasion plusieurs activités académiques ont été réalisées avec une forte participation d'étudiants, de formateurs et des directions des Universités (UCSH et Université Catholique de Valparaiso).

 

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat signée entre nos deux écoles en octobre 2017.

 

Le compte rendu qui suit présente les activités dans le cadre de cet échange selon les orientations prévues dans le projet pédagogique initial :

 

-       L’organisation et la mise en œuvre du projet pédagogique

 

-       Le retour sur expériences des séminaires pédagogiques

 

-       Le développement partenarial et enjeu stratégique

 

-       Les propositions et perspectives qui émergent de la démarche impulsée

 

 

Ø  Organisation et mise en œuvre du projet pédagogique entre l’IRTS Paris-IDF et l’UCSH de Santiago puis l’université catholique de Valparaiso

  

Le projet, est impulsé par D. Mechaheb, responsable de la formation de Conseiller en Economie Sociale Familiale (CESF), au sein duquel deux modules LVE[1] et Démarche interculturelle ont fait l’objet d’une transversalité pédagogique pour les dynamiser dans la formation des étudiants. Depuis 4 ans (suite à la réforme de 2009), la démarche pédagogique s’oriente de plus en plus vers la mobilité internationale avec l’équipe de formation et les étudiants.

 

Le but est de repousser les frontières de la formation afin de promouvoir les échanges internationaux entre les établissements de formation en travail social (universités) par la mobilité des formatrices et, à terme, celle des étudiants de formation (pour ce projet-ci).

 

Dans sa mise en œuvre, le projet pédagogique, outre la mobilité internationale, vise à permettre aux professionnels et aux étudiants d’appréhender les trajectoires migratoires des publics accueillis, à travers la mise en expériences, en ressentis et en éprouvés de rencontres interculturelles dans un pays qui n’est pas le « sien » (ou bien dans un pays autre que celui où l’on vit). Il s’agit de favoriser l’expérience des mouvements internes et identitaires lors de la mise en situation au cours d’un séjour, de formation « hors les murs », en sortant de sa « zone de confort ». Dans cette perspective pédagogique, l’approche linguistique est une modalité pédagogique. Comment communiquer avec un tiers dont on ne connait pas ou dont on ne maitrise pas la langue usuelle sur son territoire ? Comment envisager la communication/relation en situation interculturelle ?

 

Pour l’heure, au moment de la construction de ce partenariat, c’est de l’expérience des formatrices impliquées dans le projet dont il s’agit :

 

-       Paulina ESTAY, Responsable des partenariats et Responsable des Prépas de niveau III et IV aux sélections des écoles du social

 

-       Line MARIALE, formatrice filières ASS et CESF

 

-       Dalila MECHAHEB, Responsable de la filière CESF

  

 

Ø  Retour sur expériences des séminaires pédagogiques au Chili (UCSH de Santiago et Université Catholique de Valparaiso)

 

Les équipes de l’IRTS Paris IDF et de l’UCSH de Santiago ont débuté le séminaire par une réunion d’accueil avec le nouveau Recteur de l’Université et de l’ancien doyen du doyen des Sciences Sociales.

 

Tous les supports produits pour les séminaires ont fait l’objet d’une traduction par Paulina ESTAY

 

Les 4 séminaires et les échanges qu’ils ont suscités entre les participants ont été animés par Ana Maria Alvarez, formatrice et chercheuse à l’UCSH et Paulina Estay en simultané français/espagnol et espagnol/français.

 

 

ü  Les séminaires

 

4 séminaires ont eu lieu selon 3 organisations différentes

 

-       1er : sur le travail social collectif avec les étudiants de formation initiale: « Vers un développement social durable : l’apport du développement du pouvoir d’agir des publics dans l’intervention sociale d’intérêt collectif » (Santiago) 

 

-       2ème : sur le travail social espace de création du lien social contre « la logique de guichet » auquel il tend à être assigné  avec un groupe d’étudiants de formation en cours du soir (professionnels) - (Santiago)

 

-       3ème et 4ème : table ronde sur le travail social et parcours migratoires avec les professeurs et directrices des écoles de travail social. (Valparaiso)

 

 

ü  Rencontres de professionnels de la formation, de la pratique professionnelle et de la recherche en travail social

 

Les rencontres au sein des deux établissements (Santiago et Valparaiso) sont marquées par l’identité forte au travail social de la part de nos homologues chiliens. En effet, chacun se présente d’abord en qualité de travailleur social, puis aborde son centre d’intérêt professionnel, tant qu’en tant que praticien qu’au niveau de la recherche et ensuite vient la présentation des activités au sein de la formation des futurs travailleurs sociaux (confrontation de deux modèles identitaires professionnels).

 

Les professionnels de la formation au Chili cumulent plusieurs activités : travail social, formation, expertise (politiques sociales) et/ou recherche.

  

ü  L’académisation et l’universitarisation

 

Il est question du montage de projet de la formation en travail social pour les deux pays. Alors qu’en France, la formation en travail social s’engage depuis 2017 dans le processus de l’universitarisation avec la co-diplomation au grade Licence – Diplôme d’Etat, les établissements au Chili, après avoir connu plusieurs changements[2], sont aujourd’hui organisés au sein des Universités, en école de travail social et reconnu comme discipline dans le pays

 

ü  Les pratiques professionnelles selon l’organisation de la régulation sociale du pays :

 

L’échange porte particulièrement sur l’accompagnement communautaire (très présent au Chili pendant la dictature ) mobilisé au sein des ONG pour une régulation sociale particulièrement portée par l’église catholique. Ce travail a fort diminué avec le retour à la démocratie pour laisser place à des politiques sociales très restreintes du point de vue de la distribution des ressources et de protection de droits sociaux. Il s’agit des politiques fortes focalisées dans l’extrême pauvreté et le transfert des revenus directs. Du côté des pratiques professionnelles en France et du système de régulation sociale le regard est amené sur l’accompagnement individuel et collectif d’un Etat Providence fort mais qui se désengage de la sphère du social. Une réflexion sera particulièrement amorcée au sujet du travail social communautaire

 

ü  Rencontres interculturelles sur l’accompagnement des travailleurs sociaux dans un contexte migratoire 

 

Le séminaire de Santiago est marqué par un échange sur les rencontres interculturelles des formatrices, l’impact de la sphère socio-affective dans les trajectoires de vie (personnelles et professionnelles) pour envisager la rencontre avec l’autre : espace de négociation (tension éthique, philosophique) pour communiquer quand les cadres de référence sont différents, voire se confrontent.

 

Le séminaire de Valparaiso, en présence exclusive des pairs et de directrices des écoles de travail social des deux universités a porté sur les mouvements migratoires en France et leur impact sur les pratiques des travailleurs sociaux.

 

L’échange qui s’ensuit retient que l’approche interculturelle en formation en France est un outil-clé favorisant la rencontre avec une population autre (non exclusivement migrante). Les professionnels au Chili, en l’absence de cet outil, ont pu témoigner de l’expérimentation auxquels sont soumis les travailleurs sociaux lors de l’accompagnement de la population Haïtienne, issue de la dernière vague migratoire sur le territoire. En effet, les professeurs et directrices ont pu restituer les chocs culturels et le processus de négociation enclenché des professionnels de l’intervention sociale (comme il en est de même pour le reste de la population) lors de la rencontre avec une population aux phénotypes et culture (croyances) différents, habitués jusqu’alors à des immigrés frontaliers, ou tout du moins, latins.

 

Autre dimension interculturelle et mouvement migratoire interne au Chili, le rapprochement entre la population Mapuche (population autochtone indienne) et les travailleurs sociaux dans un contexte où les enjeux sur les territoires restent importants.

 

Dernier élément, l’évolution du travail social dans un contexte migratoire connait une évolution au sein des promotions d’étudiants et des relations avec les publics accompagnés. Le constat est amené de l’évolution de la relation descendante observable en raison d’une façon de penser le travail social à l’aube de son institutionnalisation au début du 20ème siècle, à une horizontalisation des rapports entre les professionnels et les personnes précarisées reflet des rapports sociaux aujourd’hui.

  

Ø  Le développement du partenariat et enjeux stratégiques

 

Très réactive, l’UCSH  a mis en lumière dès le 19 avril le travail collaboratif inter-écoles, communicant via son site internet des photos de séminaires accompagnées d’un mot de sa Directrice Mme Ruth Lizana Ibaceta (cf traduction en pièce jointe) :

 

ü  Equipo de formación del Instituto Regional de Trabajo Social (IRTS) PARMENTIER de Francia visita la UCSH – Noticias UCSH

 

 

D’autre part, Mme Ruth Lizana Ibaceta, a évoqué plusieurs points importants qu’il convient de développer. Cette proposition est étendue à l’université Catholique de Valparaiso par Mme Adela Bork Vega (Secrétaire académique et Directrice du Master):

 

ü  les  échanges, autant académiques qu’estudiantins,

 

ü  la construction d’un programme commun de recherche sur des  thématiques chères aux deux écoles,

 

ü  la présentation de communications conjointes et participation à des congrès et des séminaires (AIFRIS pour la francophonie et ALAEITS[3] dans les pays d’Amérique Latine)

 

ü  et enfin la collaboration en matière de publications avec les différents formateurs, chercheurs de l'IRTS Paris Parmentier.

 

Entre outre, L’UCSH manifeste un grand intérêt pour initier des collaborations avec l’IRTS, autour de recherches, de publications et de Doctorat en Travail Social :

 

ü  Le site de publication de  l'UCSH :

 

http://ediciones.ucsh.cl/ojs/index.php/Perspectivas demeure  au service de tout salarié de l'IRTS Paris Parmentier qui souhaiterait  solliciter ou publier un article. (Se rendre sur l’onglet Archivos)

 

ü  Propositions et Perspectives

 

-              Echanges entre les 2 universités et l’IRTS Paris IDF avec la nécessité d’assurer un calendrier suffisamment anticipé pour favoriser un projet pédagogique et une mobilité internationale compatible avec les obligations respectives des différents établissements impliqués dans le partenariat.

 

-              A court terme : Organisation du séminaire pédagogique d’Ana Maria Alvarez durant la 1ère quinzaine de juillet 2018

 

-       Séminaires d’Ana Maria organisés par Line MARIALE et Dalila MECHAHEB

 

   2 séminaires pédagogiques durant la 1ère semaine de juillet 

 

    04.07.18 à14h00 : Séminaire/voire Atelier Thématique : Actualisation de la recherche en TS : Construction de problématiques de recherche en travail social, quels spécificités, quels défis ? Co-animation Formateurs IRTS/USCH

 

·         05.07.18 à 14h00 : Un séminaire devant les professionnels du TS, les formateurs et étudiants sur sa recherche en cours : « Autorité publique et territoires de l’attente. Le cas de « Bajos de Mena » dans la Région Métropolitaine de Santiago au Chili, un exemple paradigmatique. »[4]

 

   Temps d’élaboration d’un article en co-écriture pour le congrès de l’AIFRIS avec Line MARIALE et Dalila MECHAHEB

 

   11 juillet : participation à l’anniversaire de l’association des centres de formation d’assistant de service social

 

 (Demande en cours auprès des organisateurs)

 

-       Rencontres terrain :

 

   2 types de rencontres organisés par Paulina Estay

 

·         Equipes de professionnels de l’intervention socio-éducative avec les jeunes (Prévention spécialisé, Foyer de jeunes travailleurs…)

 

·         Equipe intervenante dans le champ de la politique de la ville

 

-       Rencontre avec des chercheurs en travail social

 

   Le LISE via Céline Jung (à confirmer)

 

-       Rencontre avec les collègues de l’IRTS Paris Parmentier (si possible)

 

-       Rendez-vous avec la Direction générale (si possible)

 

-       A moyen terme : Organisation de séminaires pédagogiques d’Ana Maria en janvier 2019 (à préciser) 

 

 

 

 

 

  

Annexes

   

N°1 Résumé du séminaire d’Ana Maria :

 

« Autorité publique et territoires de l’attente. Le cas de « Bajos de Mena » dans la Région Métropolitaine de Santiago au Chili, un exemple paradigmatique. »

 

Nous employons le concept d’attente et de territoires de l’attente, de préférence, pour la compréhension des caractéristiques de la pauvreté urbaine à des différents périodes historiques[5]. Bien que nos référents conceptuels relatifs à l’attente et aux territoires de l’attente, se trouvent dans le projet TERRIAT[6], nous comprenons ces notions en rapport avec la problématique de la pauvreté urbaine. Ainsi, nous assumons l’attente comme une situation que se produit à partir des atteintes, frustrées en permanence (Alvarez & Cavieres, 2016a), d’amélioration des conditions sociales et matérielles de vie des individus et des communautés qu’occupent un territoire donné. Territoire de l’attente serait, en conséquence, un espace géographique, habité par des personnes pour qui, leur existence, est en rapport direct avec l’expectative d’une “meilleure vie”, attente dont sa réussite se voit empêchée par les caractéristiques propres du territoire dont sa création, ainsi que la manutention et prolongation de l’attente, est responsabilité direct et indirect des plusieurs agents. L’attente dans un territoire de l’attente est vécue comme une tension permanente entre des expectatives de changement, c’est-à-dire, comme espoir, mais aussi, comme frustration dans la mesure où ces souhaits ne s’atteignent pas ou s’atteignent partiellement.  Comme l’indique Musset (2015) en situation d’attente le temps s’élargit, se dilate, mais en même temps, on a l’impression qu’il se réduit : Il n’est plus à la hauteur de nos besoins (ou nos expectatives). Ces territoires peuvent surgir comme résultat des déplacements volontaires ou involontaires produits par, parmi d’autres raisons, pour le pouvoir de l’Etat, des catastrophes naturelles, des changements technologiques, violences, décrets juridiques ou des transformations économiques qui obligent une population à chercher des nouvelles possibilités de subsistance (Vidal, Musset & Vidal, 2011).

 

 

Notre analyse se focalise dans le secteur de « Bajos de Mena », commune de Puente Alto, Aire Métropolitaine de Santiago au Chili. Au départ, il s’agit d’un ensemble de 13 mille appartements de logements sociaux distribués en blocks de trois étages, concentrés dans une surface de 3km2 et dont sa fasse d’occupation se situe entre 1994 et 2004 (Atisba, 2010). Bien que dans cet exemple, on constate la combinaison des plusieurs processus qui vont converger dans la production d’un territoire de l’attente, on avertit le pouvoir de l’institution publique, représenté par le Ministère du logement à travers leur filière du Service du logement et urbanisation (SERVIU), pour « produire » le territoire et marquer, dans des différents moments, le parcours de sa transformation. Pour Raposo (1999) cette capacité de l’Etat de créer et de modifier les territoires où s’installe du logement social, a été à partir de la seconde moitié du XXème siècle, une constante dans notre pays. L’image urbaine, en particulier, les milieux résidentiels urbains, ont été fortement influencé par l’action que développe l’Etat en matière de production et provision du logement social.

 

Au Chili, à différence d’autres villes latino-américaines, dont leur configuration est fort influencée par des mouvements spontanés de population pauvre qu’occupe informellement du sol urbain, il prédomine un espace résidentiel de nature formelle, organisé en conformité à des patrons de différentiation très accentuée, associé à une forte stratification sociale et a une très « soignée » ségrégation de la pauvreté. Ainsi, il est possible de soutenir que le fait que  les secteurs de la ville habités par de population pauvre, deviennent des territoires de l’attente serait-il l’expression directe de la « rationalité » de l’Etat et pourtant des responsabilités et des irresponsabilités politiquement légitimés (Raposo, 1999)

 



[1] Langues Vivantes Etrangères

[2] D’abord reconnu comme discipline au sein des Universités, le travail social a perdu cette reconnaissance durant la dictature. Aujourd’hui, affiliée à l’université, la formation est dispensée dans une école de travail social

[3] ALAEITS (Asociación Latinoamericana de  Enseñanza e Investigación en Trabajo Social)  XIV Congreso Nacional sobre Empoderamiento Femenino. Del 9 al 11 de abril. Hidalgo, México. empoderamientofem@yahoo.com.mx

[4] Cf. Annexe N°1 : Résumé de la contribution

[5] Cfr. Alvarez, A. & Sanchez, R. (2015) L’attente des pauvres dans deux villes latino-américaines : Mexico et Santiago du Chili de l’espoir à la résignation. En L. Vidal y A. Musset (Dirs.), Les territoires de l'attente migrations et mobilités dans les Amériques (XIXe et XXe Siècles) (pp. 91-109). Rennes: Presses Universitaires de Rennes (PUR).

[6]Territorios de la espera es una categoría emergente desarrollada al alero del Proyecto de investigación ANR TERRIAT, entre 2011 y 2014, dirigido por Laurent Vidal y Alain Musset y financiado por l’Agence Nationale de Recherche Scientifique, Francia. El proyecto tiene dimensiones marcadamente internacionales e interdisciplinarias.  Cfr. Vidal, Musset & Vidal, 2011, Vidal, 2015, Musset, 2015, Da Costa Gómes y Musset, 2015.

 

 

 

Séminaire Pédagogique au CHILI - Avril 2018

 

 

Entre le lundi 9 et le vendredi 13 avril 2018, trois formatrices de  l’IRTS Paris Parmentier ont été accueillies par l'équipe de formation de l'École de Travail Social de l'Université Catholique Silva Henríquez (UCSH). À cette occasion plusieurs activités académiques ont été réalisées avec une forte participation d'étudiants, de formateurs et des directions des Universités (UCSH et Université Catholique de Valparaiso).

 

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat signée entre nos deux écoles en octobre 2017.

 

Le compte rendu qui suit présente les activités dans le cadre de cet échange selon les orientations prévues dans le projet pédagogique initial :

 

-       L’organisation et la mise en œuvre du projet pédagogique

 

-       Le retour sur expériences des séminaires pédagogiques

 

-       Le développement partenarial et enjeu stratégique

 

-       Les propositions et perspectives qui émergent de la démarche impulsée

 

 

Ø  Organisation et mise en œuvre du projet pédagogique entre l’IRTS Paris-IDF et l’UCSH de Santiago puis l’université catholique de Valparaiso

  

Le projet, est impulsé par D. Mechaheb, responsable de la formation de Conseiller en Economie Sociale Familiale (CESF), au sein duquel deux modules LVE[1] et Démarche interculturelle ont fait l’objet d’une transversalité pédagogique pour les dynamiser dans la formation des étudiants. Depuis 4 ans (suite à la réforme de 2009), la démarche pédagogique s’oriente de plus en plus vers la mobilité internationale avec l’équipe de formation et les étudiants.

 

Le but est de repousser les frontières de la formation afin de promouvoir les échanges internationaux entre les établissements de formation en travail social (universités) par la mobilité des formatrices et, à terme, celle des étudiants de formation (pour ce projet-ci).

 

Dans sa mise en œuvre, le projet pédagogique, outre la mobilité internationale, vise à permettre aux professionnels et aux étudiants d’appréhender les trajectoires migratoires des publics accueillis, à travers la mise en expériences, en ressentis et en éprouvés de rencontres interculturelles dans un pays qui n’est pas le « sien » (ou bien dans un pays autre que celui où l’on vit). Il s’agit de favoriser l’expérience des mouvements internes et identitaires lors de la mise en situation au cours d’un séjour, de formation « hors les murs », en sortant de sa « zone de confort ». Dans cette perspective pédagogique, l’approche linguistique est une modalité pédagogique. Comment communiquer avec un tiers dont on ne connait pas ou dont on ne maitrise pas la langue usuelle sur son territoire ? Comment envisager la communication/relation en situation interculturelle ?

 

Pour l’heure, au moment de la construction de ce partenariat, c’est de l’expérience des formatrices impliquées dans le projet dont il s’agit :

 

-       Paulina ESTAY, Responsable des partenariats et Responsable des Prépas de niveau III et IV aux sélections des écoles du social

 

-       Line MARIALE, formatrice filières ASS et CESF

 

-       Dalila MECHAHEB, Responsable de la filière CESF

  

 

Ø  Retour sur expériences des séminaires pédagogiques au Chili (UCSH de Santiago et Université Catholique de Valparaiso)

 

Les équipes de l’IRTS Paris IDF et de l’UCSH de Santiago ont débuté le séminaire par une réunion d’accueil avec le nouveau Recteur de l’Université et de l’ancien doyen du doyen des Sciences Sociales.

 

Tous les supports produits pour les séminaires ont fait l’objet d’une traduction par Paulina ESTAY

 

Les 4 séminaires et les échanges qu’ils ont suscités entre les participants ont été animés par Ana Maria Alvarez, formatrice et chercheuse à l’UCSH et Paulina Estay en simultané français/espagnol et espagnol/français.

 

 

ü  Les séminaires

 

4 séminaires ont eu lieu selon 3 organisations différentes

 

-       1er : sur le travail social collectif avec les étudiants de formation initiale: « Vers un développement social durable : l’apport du développement du pouvoir d’agir des publics dans l’intervention sociale d’intérêt collectif » (Santiago) 

 

-       2ème : sur le travail social espace de création du lien social contre « la logique de guichet » auquel il tend à être assigné  avec un groupe d’étudiants de formation en cours du soir (professionnels) - (Santiago)

 

-       3ème et 4ème : table ronde sur le travail social et parcours migratoires avec les professeurs et directrices des écoles de travail social. (Valparaiso)

 

 

ü  Rencontres de professionnels de la formation, de la pratique professionnelle et de la recherche en travail social

 

Les rencontres au sein des deux établissements (Santiago et Valparaiso) sont marquées par l’identité forte au travail social de la part de nos homologues chiliens. En effet, chacun se présente d’abord en qualité de travailleur social, puis aborde son centre d’intérêt professionnel, tant qu’en tant que praticien qu’au niveau de la recherche et ensuite vient la présentation des activités au sein de la formation des futurs travailleurs sociaux (confrontation de deux modèles identitaires professionnels).

 

Les professionnels de la formation au Chili cumulent plusieurs activités : travail social, formation, expertise (politiques sociales) et/ou recherche.

  

ü  L’académisation et l’universitarisation

 

Il est question du montage de projet de la formation en travail social pour les deux pays. Alors qu’en France, la formation en travail social s’engage depuis 2017 dans le processus de l’universitarisation avec la co-diplomation au grade Licence – Diplôme d’Etat, les établissements au Chili, après avoir connu plusieurs changements[2], sont aujourd’hui organisés au sein des Universités, en école de travail social et reconnu comme discipline dans le pays

 

ü  Les pratiques professionnelles selon l’organisation de la régulation sociale du pays :

 

L’échange porte particulièrement sur l’accompagnement communautaire (très présent au Chili pendant la dictature ) mobilisé au sein des ONG pour une régulation sociale particulièrement portée par l’église catholique. Ce travail a fort diminué avec le retour à la démocratie pour laisser place à des politiques sociales très restreintes du point de vue de la distribution des ressources et de protection de droits sociaux. Il s’agit des politiques fortes focalisées dans l’extrême pauvreté et le transfert des revenus directs. Du côté des pratiques professionnelles en France et du système de régulation sociale le regard est amené sur l’accompagnement individuel et collectif d’un Etat Providence fort mais qui se désengage de la sphère du social. Une réflexion sera particulièrement amorcée au sujet du travail social communautaire

 

ü  Rencontres interculturelles sur l’accompagnement des travailleurs sociaux dans un contexte migratoire 

 

Le séminaire de Santiago est marqué par un échange sur les rencontres interculturelles des formatrices, l’impact de la sphère socio-affective dans les trajectoires de vie (personnelles et professionnelles) pour envisager la rencontre avec l’autre : espace de négociation (tension éthique, philosophique) pour communiquer quand les cadres de référence sont différents, voire se confrontent.

 

Le séminaire de Valparaiso, en présence exclusive des pairs et de directrices des écoles de travail social des deux universités a porté sur les mouvements migratoires en France et leur impact sur les pratiques des travailleurs sociaux.

 

L’échange qui s’ensuit retient que l’approche interculturelle en formation en France est un outil-clé favorisant la rencontre avec une population autre (non exclusivement migrante). Les professionnels au Chili, en l’absence de cet outil, ont pu témoigner de l’expérimentation auxquels sont soumis les travailleurs sociaux lors de l’accompagnement de la population Haïtienne, issue de la dernière vague migratoire sur le territoire. En effet, les professeurs et directrices ont pu restituer les chocs culturels et le processus de négociation enclenché des professionnels de l’intervention sociale (comme il en est de même pour le reste de la population) lors de la rencontre avec une population aux phénotypes et culture (croyances) différents, habitués jusqu’alors à des immigrés frontaliers, ou tout du moins, latins.

 

Autre dimension interculturelle et mouvement migratoire interne au Chili, le rapprochement entre la population Mapuche (population autochtone indienne) et les travailleurs sociaux dans un contexte où les enjeux sur les territoires restent importants.

 

Dernier élément, l’évolution du travail social dans un contexte migratoire connait une évolution au sein des promotions d’étudiants et des relations avec les publics accompagnés. Le constat est amené de l’évolution de la relation descendante observable en raison d’une façon de penser le travail social à l’aube de son institutionnalisation au début du 20ème siècle, à une horizontalisation des rapports entre les professionnels et les personnes précarisées reflet des rapports sociaux aujourd’hui.

  

Ø  Le développement du partenariat et enjeux stratégiques

 

Très réactive, l’UCSH  a mis en lumière dès le 19 avril le travail collaboratif inter-écoles, communicant via son site internet des photos de séminaires accompagnées d’un mot de sa Directrice Mme Ruth Lizana Ibaceta (cf traduction en pièce jointe) :

 

ü  Equipo de formación del Instituto Regional de Trabajo Social (IRTS) PARMENTIER de Francia visita la UCSH – Noticias UCSH

 

 

D’autre part, Mme Ruth Lizana Ibaceta, a évoqué plusieurs points importants qu’il convient de développer. Cette proposition est étendue à l’université Catholique de Valparaiso par Mme Adela Bork Vega (Secrétaire académique et Directrice du Master):

 

ü  les  échanges, autant académiques qu’estudiantins,

 

ü  la construction d’un programme commun de recherche sur des  thématiques chères aux deux écoles,

 

ü  la présentation de communications conjointes et participation à des congrès et des séminaires (AIFRIS pour la francophonie et ALAEITS[3] dans les pays d’Amérique Latine)

 

ü  et enfin la collaboration en matière de publications avec les différents formateurs, chercheurs de l'IRTS Paris Parmentier.

 

Entre outre, L’UCSH manifeste un grand intérêt pour initier des collaborations avec l’IRTS, autour de recherches, de publications et de Doctorat en Travail Social :

 

ü  Le site de publication de  l'UCSH :

 

http://ediciones.ucsh.cl/ojs/index.php/Perspectivas demeure  au service de tout salarié de l'IRTS Paris Parmentier qui souhaiterait  solliciter ou publier un article. (Se rendre sur l’onglet Archivos)

 

ü  Propositions et Perspectives

 

-              Echanges entre les 2 universités et l’IRTS Paris IDF avec la nécessité d’assurer un calendrier suffisamment anticipé pour favoriser un projet pédagogique et une mobilité internationale compatible avec les obligations respectives des différents établissements impliqués dans le partenariat.

 

-              A court terme : Organisation du séminaire pédagogique d’Ana Maria Alvarez durant la 1ère quinzaine de juillet 2018

 

-       Séminaires d’Ana Maria organisés par Line MARIALE et Dalila MECHAHEB

 

   2 séminaires pédagogiques durant la 1ère semaine de juillet 

 

    04.07.18 à14h00 : Séminaire/voire Atelier Thématique : Actualisation de la recherche en TS : Construction de problématiques de recherche en travail social, quels spécificités, quels défis ? Co-animation Formateurs IRTS/USCH

 

·         05.07.18 à 14h00 : Un séminaire devant les professionnels du TS, les formateurs et étudiants sur sa recherche en cours : « Autorité publique et territoires de l’attente. Le cas de « Bajos de Mena » dans la Région Métropolitaine de Santiago au Chili, un exemple paradigmatique. »[4]

 

   Temps d’élaboration d’un article en co-écriture pour le congrès de l’AIFRIS avec Line MARIALE et Dalila MECHAHEB

 

   11 juillet : participation à l’anniversaire de l’association des centres de formation d’assistant de service social

 

 (Demande en cours auprès des organisateurs)

 

-       Rencontres terrain :

 

   2 types de rencontres organisés par Paulina Estay

 

·         Equipes de professionnels de l’intervention socio-éducative avec les jeunes (Prévention spécialisé, Foyer de jeunes travailleurs…)

 

·         Equipe intervenante dans le champ de la politique de la ville

 

-       Rencontre avec des chercheurs en travail social

 

   Le LISE via Céline Jung (à confirmer)

 

-       Rencontre avec les collègues de l’IRTS Paris Parmentier (si possible)

 

-       Rendez-vous avec la Direction générale (si possible)

 

-       A moyen terme : Organisation de séminaires pédagogiques d’Ana Maria en janvier 2019 (à préciser) 

 

 

 

 

 

  

Annexes

   

N°1 Résumé du séminaire d’Ana Maria :

 

« Autorité publique et territoires de l’attente. Le cas de « Bajos de Mena » dans la Région Métropolitaine de Santiago au Chili, un exemple paradigmatique. »

 

Nous employons le concept d’attente et de territoires de l’attente, de préférence, pour la compréhension des caractéristiques de la pauvreté urbaine à des différents périodes historiques[5]. Bien que nos référents conceptuels relatifs à l’attente et aux territoires de l’attente, se trouvent dans le projet TERRIAT[6], nous comprenons ces notions en rapport avec la problématique de la pauvreté urbaine. Ainsi, nous assumons l’attente comme une situation que se produit à partir des atteintes, frustrées en permanence (Alvarez & Cavieres, 2016a), d’amélioration des conditions sociales et matérielles de vie des individus et des communautés qu’occupent un territoire donné. Territoire de l’attente serait, en conséquence, un espace géographique, habité par des personnes pour qui, leur existence, est en rapport direct avec l’expectative d’une “meilleure vie”, attente dont sa réussite se voit empêchée par les caractéristiques propres du territoire dont sa création, ainsi que la manutention et prolongation de l’attente, est responsabilité direct et indirect des plusieurs agents. L’attente dans un territoire de l’attente est vécue comme une tension permanente entre des expectatives de changement, c’est-à-dire, comme espoir, mais aussi, comme frustration dans la mesure où ces souhaits ne s’atteignent pas ou s’atteignent partiellement.  Comme l’indique Musset (2015) en situation d’attente le temps s’élargit, se dilate, mais en même temps, on a l’impression qu’il se réduit : Il n’est plus à la hauteur de nos besoins (ou nos expectatives). Ces territoires peuvent surgir comme résultat des déplacements volontaires ou involontaires produits par, parmi d’autres raisons, pour le pouvoir de l’Etat, des catastrophes naturelles, des changements technologiques, violences, décrets juridiques ou des transformations économiques qui obligent une population à chercher des nouvelles possibilités de subsistance (Vidal, Musset & Vidal, 2011).

 

 

Notre analyse se focalise dans le secteur de « Bajos de Mena », commune de Puente Alto, Aire Métropolitaine de Santiago au Chili. Au départ, il s’agit d’un ensemble de 13 mille appartements de logements sociaux distribués en blocks de trois étages, concentrés dans une surface de 3km2 et dont sa fasse d’occupation se situe entre 1994 et 2004 (Atisba, 2010). Bien que dans cet exemple, on constate la combinaison des plusieurs processus qui vont converger dans la production d’un territoire de l’attente, on avertit le pouvoir de l’institution publique, représenté par le Ministère du logement à travers leur filière du Service du logement et urbanisation (SERVIU), pour « produire » le territoire et marquer, dans des différents moments, le parcours de sa transformation. Pour Raposo (1999) cette capacité de l’Etat de créer et de modifier les territoires où s’installe du logement social, a été à partir de la seconde moitié du XXème siècle, une constante dans notre pays. L’image urbaine, en particulier, les milieux résidentiels urbains, ont été fortement influencé par l’action que développe l’Etat en matière de production et provision du logement social.

 

Au Chili, à différence d’autres villes latino-américaines, dont leur configuration est fort influencée par des mouvements spontanés de population pauvre qu’occupe informellement du sol urbain, il prédomine un espace résidentiel de nature formelle, organisé en conformité à des patrons de différentiation très accentuée, associé à une forte stratification sociale et a une très « soignée » ségrégation de la pauvreté. Ainsi, il est possible de soutenir que le fait que  les secteurs de la ville habités par de population pauvre, deviennent des territoires de l’attente serait-il l’expression directe de la « rationalité » de l’Etat et pourtant des responsabilités et des irresponsabilités politiquement légitimés (Raposo, 1999)

 



[1] Langues Vivantes Etrangères

[2] D’abord reconnu comme discipline au sein des Universités, le travail social a perdu cette reconnaissance durant la dictature. Aujourd’hui, affiliée à l’université, la formation est dispensée dans une école de travail social

[3] ALAEITS (Asociación Latinoamericana de  Enseñanza e Investigación en Trabajo Social)  XIV Congreso Nacional sobre Empoderamiento Femenino. Del 9 al 11 de abril. Hidalgo, México. empoderamientofem@yahoo.com.mx

[4] Cf. Annexe N°1 : Résumé de la contribution

[5] Cfr. Alvarez, A. & Sanchez, R. (2015) L’attente des pauvres dans deux villes latino-américaines : Mexico et Santiago du Chili de l’espoir à la résignation. En L. Vidal y A. Musset (Dirs.), Les territoires de l'attente migrations et mobilités dans les Amériques (XIXe et XXe Siècles) (pp. 91-109). Rennes: Presses Universitaires de Rennes (PUR).

[6]Territorios de la espera es una categoría emergente desarrollada al alero del Proyecto de investigación ANR TERRIAT, entre 2011 y 2014, dirigido por Laurent Vidal y Alain Musset y financiado por l’Agence Nationale de Recherche Scientifique, Francia. El proyecto tiene dimensiones marcadamente internacionales e interdisciplinarias.  Cfr. Vidal, Musset & Vidal, 2011, Vidal, 2015, Musset, 2015, Da Costa Gómes y Musset, 2015.