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Beyrouth après le 4 août

Beyrouth après le 4 août n’est plus Beyrouth ? Mais sera toujours Beyrouth !

La double explosion qui a touché Beyrouth le 4 août nous touche au cœur. Ceux qui ne sont pas sur place auront du mal à imaginer la puissance de l’explosion. On parle d’une puissance équivalente à 10 % de la bombe nucléaire qui a détruit Hiroshima. La moitié de Beyrouth abimée. Un bilan de 135 morts et de 4000 blessés qui ne cesse de s’alourdir. Plus de 300 000 personnes sans logement. Plus d’électricité, pas de possibilités de marcher dans les rues, couvertes d’éclats de vitres brisées, des quartiers entiers défigurés…

Il y a un an, nous étions à Beyrouth pour un formidable congrès, dans une université, une ville, un pays tout aussi formidables. Beyrouth aux mille parfums, aux mille querelles, mais où vivent et coexistent 21 communautés religieuses différentes. Et ce thème de notre congrès « Sociétés plurielles, travail social et vivre ensemble » qui résonne maintenant comme un écho lancinant de notre fraternité planétaire et justifie pleinement tout ce que nous entreprenons à l’AIFRIS.

Le Liban, ce pays non seulement francophone, mais aussi francophile qui évoque tant d’images, de souvenir de nos liens entre occident et orient, entre nos cultures et comme un pont, un trait d’union, une illustration, un exemple de la complétude du travail social.

Comme dans toute grande crise, tremblement de terre, tsunami, attentat terroriste, les pays du monde entier se relayeront dans un élan solidaire et humanitaire. Oui, il faut d’abord sauver et soigner. Mais il faut aussi accompagner. Pas seulement aujourd’hui, mais demain, après-demain et chaque jour d’après.

Au-delà des médecins, des soignants, apparaitront alors, toujours aussi discrets, les travailleurs sociaux. Ceux qui s’emploieront à aider les familles à se retrouver et se reconstruire, ceux qui veilleront à ce que chacun retrouve un toit, ceux qui donneront projets aux enfants, l’accompagnement aux personnes handicapées, l’attention et la compassion aux personnes âgées traumatisées… et qui seront là pour tous les citoyens de Beyrouth, pour chacun.

Le Liban traverse une crise politique et économique sans précédent, une crise sanitaire et sociale va s’ajouter à celles-ci et c’est bien une nation qui doit être soutenue.

Il y a un an, nous étions à l’école libanaise de formation sociale au sein de l’université Saint Joseph, au cœur de Beyrouth où nous vivions des moments intenses dans une communauté scientifique et pédagogique où se mêlaient formateurs, professionnels, scientifiques, étudiants, personnes accompagnées du monde entier. Nous retrouvions des collègues libanais et nous sommes repartis avec des amis libanais.

Cette amitié doit aujourd’hui s’exprimer avec toute la générosité et la responsabilité de chacun, citoyen du monde. L’AIFRIS a le cœur bien lourd de savoir que certains d’entre nous sont touchés dans leur chair, dans leur vie. Mais nous pouvons porter haut et fort nos valeurs de partage, d’amitié comme autant de messages d’espoir et d’avenir meilleur avec une transformation de la société libanaise qui permettrait à ce pays de redevenir l’étoile d’orient qui éclaire si souvent nos chemins.

Le Liban va cheminer et, devant ce qui l’attend, je pense particulièrement en ces moments douloureux et terrible au grand poète libanais Kalil Gibran qui écrivait dans Le temps «  Qu’aujourd’hui étreigne le passé dans le souvenir, et le futur dans le désir. »

Manuel Pélissié.

Past président, en charge des relations internationales de l’AIFRIS
Président d’AFRIS France
Directeur général de l’IRTS Paris Parmentier

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